Fatigue après un repas: les 4 causes les plus fréquentes
Ressentir de la fatigue après un repas est fréquent, mais est-ce normal? Aujourd'hui, je vous propose d'explorer la question et de faire la différence entre ce qui est normal et ce qui ne l'est pas.
Ce qui est normal
Dans notre rythme circadien (sur 24 heures), on observe une légère baisse d'attention et d'énergie dans l'après-midi, environ entre 14 et 16 heures. Une petite baisse de régime dans l'après-midi est donc normale, même si ce n'est pas pratique par rapport à nos horaires modernes...
Mais c'est vraiment léger et cela ne doit pas provoquer, pour vous, une lutte intense pour retrouver l'énergie.
Ce qui n'est pas "normal"
À ce petit creux « biologique » viennent s'ajouter d'autres causes qui plombent littéralement votre énergie dans l'après-midi.
Voici les quatre causes que je rencontre le plus souvent en consultation.
1- Une digestion qui peine.
Digérer va d'office mobiliser de l'énergie mais notre corps est prévu pour cela. Quand tout va bien on ne devrait pas sentir que l'on digère.
Par contre, si vous avez mangé des aliments que vous ne tolérez pas bien, leur digestion va accaparer beaucoup plus d'énergie. Il peut même s'agir ici d'intolérances légères, plus difficiles à déceler car elles peuvent aussi varier en fonction de votre état de stress ou de fatigue.
Pistes d'améliorations:
Peut-être que le lactose, le gluten (voir plus bas), certaines graisses ou même certaines fibres d'aliments pourtant sains, ne vous conviennent pas toujours si bien. Ce n'est pas toujours facile à déceler, alors n'hésitez pas à vous faire accompagner si vous ne vous en sortez pas (avec moi, ou quelqu'un d'autre, mais ne négligez pas votre digestion !)
2- L'hypoglycémie réactionnelle
C'est le paradoxe des féculents (et du sucre) : plus vous consommez de féculents raffinés (ou de sucre), plus votre glycémie grimpe en flèche. En effet, lors de la digestion, ces féculents se transforment en sucre qui passe rapidement dans le sang. Pour compenser, votre pancréas sécrète une dose massive d'insuline qui fait chuter brutalement votre taux de sucre dans le sang. C'est ce que l'on appelle une hypoglycémie réactionnelle. Elle survient 45min à 2h après le repas et se traduit par le fameux coup de pompe, mais aussi des changements d'humeur (irritabilité, impatience, blues) et des envies de sucre ou de stimulants (café).
Pistes d'amélioration:
=> opter pour des féculents complets et les limiter à maximum 1/4 de votre repas (bye bye les sandwiches...)
=> laisser la place dans votre assiette pour une vraie portion de protéines (viande, volaille, poisson, légumineuses,...) et beaucoup de légumes.
=> et pour y voir encore plus clair, mesurer votre glycémie en continu grâce à un petit capteur (même si vous n’êtes pas diabétique). Vous observez en direct l’impact de chaque repas. C’est passionnant et très éducatif !
3- Un repas trop copieux
Parfois, c'est simplement une question de quantité.
Un repas trop copieux ou plus riche que d'habitude peut saturer vos capacités enzymatiques (c'est la première étape de la digestion dans l'estomac). Exactement comme nous le faisons pour notre travail; face à cette surcharge de travail, il faut mettre des priorités. Comme la digestion n'attend pas, le corps n'a d'autre choix que de la prioritiser au détriment d'autres fonctions (dont le cerveau pour la vigilence, la concentration, l'entrain...): bonjour la somnolence !
Et manger trop vite aggrave encore les choses.
Pistes pratiques
=> manger lentement et bien mâcher (éh oui, c'est toujours le même refrain: nous mangeons beaucoup trop vite)
=> écouter sa satiété. S'arrêter à temps au lieu de finir son assiette apr principe. Un repas bien dosé ne doit pas vous plomber. Vous devez vous sentir rassasié(e) mais léger(ère).
4- L'effet insidieux du gluten
Même sans problème de digestion du gluten, nombreux sont mes patients à affirmer qu'ils ressentent beaucoup plus d'énergie et de clarté mentale en consommant nettement moins de gluten.
Ce résultat provient de la diminution de la réponse immunitaire ainsi que de la réduction de l’inflammation digestive – et probablement aussi neurologique – provoquées par le gluten.
Pistes pratiques:
=> tout simplement moins d'aliments à base de blé: pain, pâtes, et tout ce qui contient de la farine (blé)
=> pour ceux qui restent:
pain au levain (ou mieux encore de petit-épeautre au levain)
pâtes d'épeautre ou petit-épeautre
PS: il est possible de cumuler les 4 causes 🥱🥱😴😴
Comme toujours, vous trouverez une mine d'idées de repas bien composés (simples et rapides pour la cuisine de tous les jours) dans l'ebook "21 jours de menus sains et pratiques". Toutes les images de cet article en sont extraites.